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Bulletin No 10 - 23 avril 2001 |
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514-527-5643
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L'EMPIRE DU FAST-FOOD LES DESSOUS DE LA MALBOUFFE (3' et dernière partie) Tommy Chouinard |
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Les hôpitaux doivent pourtant se rendre compte
de la montée de l'obésité. Est-ce qu'il y a un lien
à faire avec la prolifération des fast-foods? |
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Les habitudes alimentaires ont changé. Maintenant, on ne prépare plus les repas: on les engloutit. Chaque semaine, un Américain moyen mange trois hamburgers et quatre portions de frites! Il faut renverser cette tendance qui affecte gravement la santé. Malgré toutes vos critiques, l'industrie
de la restauration rapide continue à faire de bonnes affaires.
Pourquoi est-ce que personne ne réagit? |
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Les compagnies ont donc le pouvoir de réclamer ce qu'elles veulent. Elles agissent par l'intermédiaire de deux groupes: le National Council of Chain Restaurants et la National Restaurant Association. Ces groupes ont travaillé avec des alliés du Congrès et de la Maison-Blanche pour s'opposer à toute hausse du salaire minimum et à toute réglementation plus sévère en matière de sécurité alimentaire, entre autres. On sous-estime beaucoup ce travail de coulisse, qui permet pourtant aux compagnies d'agir en toute impunité, ou presque. Leur but est de détenir le contrôle total de tout. En particulier, vous avancez dans votre livre qu'elles tentent même de prendre le contrôle des petites entreprises et de l'agriculture. Est-ce une menace pour ce qui a toujours été considéré comme la base de l'économie? L'industrie du fast-food écrase les petites entreprises du domaine de l'alimentation. Par exemple, la Small Business Administration a été fondée au départ pour financer la création de nouveaux restaurants indépendants. Mais cet argent a été en quelque sorte légalement détourné par les grandes chaînes pour financer l'ouverture de nouvelles franchises. Comme si elles en avaient besoin! L'industrie du fast-food a aussi transformé l'agriculture par le productivisme et la centralisation. Elle est à la tête de l'agriculture américaine, alors que les fermiers et les éleveurs perdent leur indépendance et sont engloutis par des compagnies géantes. Par exemple, sur 1,50 $ de frites vendues dans un fast-food, seulement deux cents vont au fermier qui a fait pousser les patates! C'est pourquoi il faut décentraliser et redonner du pouvoir aux agriculteurs, littéralement pris à la gorge.
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Vous énumérez assez rondement les horreurs du fast-food. Mais n'est-ce pas un peu facile de viser cette cible? Vous n'êtes quand même pas le premier à le faire... Oui, c'est une cible facile et exploitée par bien des groupes militants, qui en ont particulièrement contre McDonald's. Toutefois, je ne dis pas que le fast-food est responsable de tous les problèmes de la société. Mais il faut bien constater que ses défauts sont réels. La seule chose positive que je vois à son sujet, c'est qu'il représente un exemple de développement économique, qui aujourd'hui prend toutefois des proportions exagérées. C'est pourquoi j'encourage tout le monde à les dénoncer, au nom de l'avenir des enfants, de l'économie et de la santé. |
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L'opposition monte d'ailleurs lentement. Le mouvement Slow Food, qui préconise tout le contraire du fast-food, fait de plus en plus d'adeptes dans le monde. Est-ce que ce courant vous encourage? Je sens effectivement que les choses changent. Les gens commencent à comprendre qu'il ne faut pas donner son argent à des compagnies qui exploitent leurs employés et risquent de nous empoisonner. Et quand les consommateurs se lèvent et décident de ne plus acheter de fast-food, les compagnies n'ont pas le choix de réagir, car elles sont sensibles uniquement à la perte de profits. Je sais quand même que c'est le droit de tout le monde d'acheter du fast-food des chaînes. Mais il faut savoir prendre la responsabilité, et les risques, de ce que l'on avale. Aujourd'hui, j'invite plutôt les gens à faire davantage confiance aux casse-croûte du coin qu'aux McDonald's... L'industrie du fast-food a-t-elle réagi à votre ouvrage? Je n'ai reçu aucune lettre d'avocat, si c'est ce que vous voulez savoir. Une chose est sûre, c'est qu'elle ne l'aime certainement pas. À mon avis, elle ne réagit pas, parce qu'elle sait très bien que ce qui y est décrit est véridique. Mais bon, j'attends de ses nouvelles. On ne sait jamais... |
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