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Avec l'aide de chimistes alimentaires, le docteur Paul Thomas, qui
traite l'obésité depuis 23 ans, a élaboré
une recette industrielle pour produire des chips à forte teneur
en protéines et à faible teneur en glucides. Un fabricant
connu a été approché, mais les problèmes de
mise en marché ont vite surgi: après avoir mangé
six ou sept chips, le consommateur était gavé et refermait
le sac !
"Les protéines diminuent l'appétit et les glucides
l'augmentent, souligne le médecin. Alors, pour l'industrie, il
est plus intéressant de fabriquer des croustilles pleines de glucides
et vides de protéines !"
Les aliments se composent de trois macro-nutriments (un même aliment
peut en contenir un, deux ou trois):
Les protéines, très présentes dans la viande, le
poisson, les oeufs, les produits laitiers, les légumineuses, les
noix et les graines, et dans certains végétaux comme le
brocoli.
Les lipides qui se divisent en gras saturés (exemple: beurre et
saindoux), mono-insaturés (ex: huile d'olive), poly-insaturés
(présents par exemple dans les graines de tournesol ou le gras
des poissons).
Les glucides (ou sucres), qui n'ont pas tous le même effet. Le sucre
blanc, les farines raffinées et les pommes de terre ont un haut
indice glycémique (IG). À l'autre extrémité,
les légumes ont un bas IG.
Au milieu: les fruits, les farines non raffinées, etc.
Le problème de l'alimentation nord-américaine, c'est qu'elle
a un fort indice glycémique, affirme le Dr Thomas. Les farines
et sucres raffinés, ainsi que les pommes de terre (surtout cuites
dans l'huile comme les chips et les frites), augmentent la sécrétion
d'insuline, une hormone qui, entre autres choses, limite l'élimination
des graisses. Les glucides stimulent également une enzyme, la lipoprotéine
lipase, qui elle aussi accroît le stockage des graisses.
Certaines personnes réagissent plus que d'autres à l'ingestion
de glucides. Mais la prédisposition génétique explique
au maximum 25% des cas d'obésité. Par ailleurs, un enfant
ou un adulte qui devient obèse restera aux prises avec cette maladie
toute sa vie. Même s'il réussit à maigrir, son organisme
sécrétera plus d'insuline que la normale en présence
de glucides. Et, chez lui, la lipoprotéine lipase restera active
24 heures par jour, plutôt que quelques heures après les
repas comme chez les personnes qui n'ont jamais grossi.
"L'industrie alimentaire a drogué les Nord-Américains
au mélange sucre-gras, dit le Dr Thomas. Les fabricants de junk
food veulent faire de l'argent: c'est normal. Ils raffinent leurs recettes
pour que les clients aiment leurs produits et en redemandent.
"Une façon d'amplifier le goût et le plaisir, c'est
d'augmenter la teneur des glucides et des lipides, au détriment
des protéines. Ces dernières ont plusieurs désavantages
pour l'industrie: elles coûtent cher à produire (10 fois
plus qu'un glucide) et elles donnent une sensation de satiété,
ce qui fait qu'on est moins porté à manger. Au contraire,
le mélange sucre-gras laisse le mangeur sur son appétit."
Le Dr Thomas a analysé la composition de deux combinaisons populaires
dans des chaînes de fast-food: coke-pizza-salade et coke-cheeseburger-frites.
"La chimie alimentaire était identique, dit-il. Les glucides
à fort indice glycémique variaient entre 55 et 60%, les
gras entre 30 et 35% et les protéines entre 9 et 9,5%. Qu'est-ce
qui fait grossir dans l'alimentation rapide ? Le principal coupable n'est
pas le gras, mais le sucre ! Le gras amplifie l'effet du sucre."
Pour traiter ses patients, le Dr Thomas augmente la part des protéines
et diminue celle des glucides. (Il leur conseille de manger trois collations
par jour, en plus des trois repas, contenant tous des protéines:
une façon d'éviter qu'ils aient trop faim et se précipitent
ensuite sur la nourriture.)
"Avec un régime fort en protéines et faible en glucides,
on mange 25% moins de calories, sans jamais avoir l'impression de se
priver. Si les Nord-Américains prenaient cette habitude, la consommation
générale d'aliments baisserait beaucoup. Mais personne
n'a un intérêt économique à atteindre ce
but !"
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